Retour sur le talk “C’est la faute des réseaux sociaux ?”
Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Retour sur le talk “C’est la faute des réseaux sociaux ?”
Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
Retour sur le talk “C’est la faute des réseaux sociaux ?”
Le 18 juin dernier, minds organisait un apéro-débat sur un sujet épineux : les liens entre réseaux sociaux et santé mentale des jeunes. Ce sont pas moins de 70 personnes qui ont bravé la canicule pour participer à cet événement, organisé en partenariat avec la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe). Des discussions riches, des invité·es passionnant·es et un public engagé… En bref, un moment privilégié, dont on souhaite vous transmettre les conclusions essentielles.
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Les écrans : un truc de jeunes ?
Premier constat de nos intervenant·es : considérer les écrans uniquement comme « un problème de jeunes », c’est oublier que notre rapport aux écrans est avant tout un enjeu collectif. La société actuelle repose sur une culture de l’immédiateté et de la performance, qui exige des individus une connexion quasi permanente. Dans ce contexte, passer du temps sur les écrans ne relève pas seulement d’un choix personnel, mais répond aussi à une exigence sociétale.
“La santé mentale des jeunes ne fait que mettre en évidence des enjeux sociétaux qui affectent la population dans son ensemble.” - Andrea Pereira, directrice de minds
Santé mentale des jeunes et réseaux sociaux : les faits
Quels effets les réseaux sociaux ont-ils réellement sur la santé mentale des jeunes ? Il n’existe pas de réponse simple à cette question. Cependant, on peut relever 3 consensus scientifiques sur le sujet :
- Le temps passé sur les écrans ne suffit pas à comprendre leurs effets sur la santé mentale, il faut s’intéresser aux usages réels : ce n’est pas pareil de scroller sans but pendant des heures, ou de créer du contenu, ou encore de subir du harcèlement en ligne.
- Il n’y a pas d’addiction aux réseaux sociaux : on parle plutôt d’usages problématiques, lorsque passer du temps sur les réseaux entrave les autres domaines de la vie (formation, travail, activité physique, loisirs, relations sociales).
“Il n’y a pas d’addiction aux réseaux sociaux. Personne, ni les jeunes, ni les adultes ne sont addicts aux réseaux sociaux ni aux téléphones.” - Niels Weber, Psychologue-Psychothérapeute FSP spécialisé en hyperconnectivité
- Le risque d'effets négatifs sur la santé mentale est plus élevé chez les jeunes qui vont déjà mal : pour capter l’attention, les algorithmes privilégient les contenus qui provoquent de fortes émotions, souvent désagréables, ce qui peut renforcer la souffrance.
Et les relations sociales dans tout ça ?
On accuse aussi souvent les réseaux sociaux d’affaiblir le lien social, pourtant essentiel à la santé mentale de chacun·e. Mais est-ce vraiment le cas ? Selon Marianna Colella, doctorante experte des processus de socialisation juvéniles en ligne et hors ligne à l'Université de Genève, cette idée reflète davantage les projections des adultes sur les pratiques des jeunes qu’une réalité tangible. Elle observe que les liens sociaux restent très importants pour les adolescent·es. Ni disparus ni remplacés, ils se déploient désormais dans deux espaces : en ligne et hors ligne. Être présent·e pour les autres passe aussi par des interactions en ligne.
“Envoyer un meme à quelqu’un dont on est proche, ça peut faire beaucoup de bien” - Marianna Colella, doctorante experte des processus de socialisation juvéniles en ligne et hors-ligne à l'Université de Genève

L’usage problématique comme indicateur de souffrance
Les expert·es ne considèrent pas les réseaux sociaux comme une cause première de souffrance psychologique, mais plutôt comme un indicateur de cette souffrance et un facteur susceptible de l’aggraver. En effet, les réseaux sont souvent utilisés pour fuir les conflits, les émotions désagréables, le stress ou l’angoisse. Ils constituent ainsi une stratégie d’évitement efficace à court terme.
“Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont beaucoup utilisés pour traiter l’angoisse, la mettre à distance” - Niels Weber, Psychologue-Psychothérapeute FSP spécialisé en hyperconnectivité
Cibler uniquement les réseaux sociaux revient à s’attaquer au symptôme plutôt qu’à la cause. Cela risque de masquer les véritables raisons de la souffrance, sans les résoudre. Il est donc essentiel de se demander ce qui se cache derrière une utilisation parfois problématique des réseaux sociaux, afin d’agir sur le véritable problème.

Quand les algorithmes aggravent la souffrance
Lorsqu’ils sont utilisés pour fuir la souffrance, les réseaux sociaux peuvent, à long terme, favoriser un usage problématique. Les mécanismes des algorithmes risquent alors d’entretenir ce cercle vicieux et d’aggraver le mal-être.
Les réseaux sociaux ont beaucoup évolué ces dernières années. Aujourd’hui, leur fonctionnement repose en grande partie sur des algorithmes de recommandation conçus pour servir les intérêts économiques des plateformes. Leur objectif est de capter et de maintenir notre attention le plus longtemps possible. Plus nous passons de temps sur les réseaux, plus ils peuvent nous exposer à des publicités. Or, les contenus qui suscitent le plus d’engagement sont ceux qui provoquent des émotions très fortes, en particulier des émotions désagréables.
“J’ai l’impression qu’avec l’arrivée de TikTok, on est passé de réseaux qui nous permettaient de socialiser, à des réseaux plus de divertissement ou d’information.” - Loriane Hochet, étudiante à l’Université de Genève, co-conceptrice de la campagne “Scroller, what else?” sur la santé numérique
Un cercle vicieux peut ainsi s'installer : plus le ou la jeune souffre, plus il ou elle cherche à fuir sur les réseaux sociaux. Mais cette utilisation intensive l’expose à des contenus néfastes qui contribuent à entretenir, voire à aggraver, cette souffrance. Ce qui renforce à son tour le besoin de s'y réfugier.
Les mécanismes qui favorisent un usage intensif des réseaux sociaux font partie intégrante de leur modèle économique. Ils ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent de choix de conception conscients. Dans ce contexte, réduire la question aux seuls usages individuels revient à invisibiliser la responsabilité des plateformes.
Comment préserver le bien-être en ligne ?
Il n'existe pas de solution miracle pour prévenir les effets potentiellement néfastes des réseaux sociaux. En revanche, certaines stratégies peuvent nous aider à développer un usage plus conscient et plus équilibré des écrans. Voici deux pistes, utiles autant pour soi que pour accompagner les jeunes de son entourage.
Conseil 1 : évaluer son équilibre
Le premier pas essentiel, c’est de prendre conscience de son usage des réseaux. On peut par exemple se poser les questions suivantes :
- Pourquoi je vais sur les réseaux ? Qu’est-ce que ça m’apporte ? Qu'est-ce que ça me coûte ?
- Est-ce que les réseaux sociaux empiètent sur d'autres activités importantes pour mon bien-être : dormir, bouger, manger, voir mes proches, pratiquer des loisirs ?
Ces questions permettent déjà de prendre du recul sur la place que les réseaux occupent dans notre quotidien et sur ce qu'ils nous apportent... mais aussi sur ce qu'ils peuvent nous faire perdre.
Découvrez notre affiche “Réseaux sociaux : Check ton équilibre !” sur le même thème.
Conseil 2 : partager et dialoguer autour de nos usages
Prendre conscience de nos usages est une première étape importante. Mais cela ne suffit pas toujours. Lorsqu'on reste seul·e avec ses questionnements, il est facile de ressentir de la culpabilité ou de l'inquiétude. En parler avec d'autres, dans un climat bienveillant et sans jugement, permet souvent de prendre du recul et d'envisager des solutions.
Le dialogue ouvert permet de :
- Relativiser nos inquiétudes en réalisant que beaucoup de personnes se posent les mêmes questions sur leur usage des écrans.
- Retrouver du pouvoir d'agir en partageant des idées, des conseils ou des alternatives concrètes.
- Reconnaître que chaque situation est différente. Il n'existe pas de durée idéale valable pour tout le monde : ce qui compte est la manière dont les écrans s'intègrent dans notre équilibre de vie.
- Faciliter la recherche d'aide lorsque les difficultés persistent ou deviennent envahissantes.
Pour les parents, ce conseil est particulièrement important. Un dialogue ouvert et sans jugement augmente les chances que le ou la jeune ose parler de ce qu'il ou elle vit en ligne et se tourne vers l'adulte en cas de difficulté. À l'inverse, une réaction centrée sur les reproches ou la culpabilisation peut rendre ces échanges plus difficiles.
Agir collectivement face au modèle économique des réseaux
S’il est vrai que les parents ont une part de responsabilité dans l’encadrement des usages des écrans chez les jeunes, il est réducteur de considérer qu’iels portent l’entière responsabilité d’un enjeu collectif et politique de cette ampleur.
C’est pourquoi nos intervenant·es mettent l’accent sur la régulation des plateformes.
Mais il ne s’agit pas d’interdire les réseaux sociaux. Aucune étude ne prouve que cette mesure améliore le bien-être des jeunes. Au contraire, cette approche risque de se tromper de cible : le problème ne réside pas tant dans les réseaux sociaux eux-mêmes que dans leur modèle économique.
Les Pays-Bas, par exemple, ont adopté une loi visant à obliger les plateformes à proposer un fil d'actualité sans algorithme de recommandation. Si, pour l'instant, certaines plateformes préfèrent s'acquitter d'amendes plutôt que de modifier leur fonctionnement, cette initiative montre qu'il est possible d'agir sur les mécanismes qui façonnent nos usages. Elle rappelle surtout que ces enjeux relèvent de choix collectifs et politiques, et pas uniquement de la responsabilité des individus.
Investir dans la sensibilisation au numérique
La sensibilisation au numérique constitue aujourd'hui un levier essentiel pour développer un usage plus conscient des réseaux sociaux. Comprendre leur fonctionnement, les mécanismes qui captent notre attention et les effets qu'ils peuvent avoir sur nos comportements permet de prendre du recul et de réduire le risque d'usages problématiques.
Pistes d’actions concrètes :
- Accompagner les parents en leur proposant des repères accessibles et fondés sur les connaissances scientifiques, plutôt que des discours culpabilisants.
- Tenir compte des inégalités sociales qui influencent nos possibilités de modifier nos habitudes. Il est plus facile de réduire son temps d'écran lorsque l'on dispose d'alternatives accessibles, d'espaces où se retrouver, d'activités abordables ou simplement de temps libre.
- Former les professionnel·les de proximité - médecins généralistes, psychologues, enseignant·es, travailleur·euses sociaux·ales ou encore personnel éducatif - à repérer et accompagner les usages problématiques des écrans. Il ne s'agit pas de créer une nouvelle spécialité, mais d'intégrer cette question comme un enjeu parmi d'autres de la promotion de la santé mentale.
Vous n'avez pas pu assister à l'événement ? Retrouvez l'intégralité de la discussion en vidéo sur notre chaîne YouTube.
Un grand merci à la Fondation genevoise pour l’animation socio-culturelle (FASe), notre partenaire pour cet événement, ainsi qu'à nos brillant·es intervenant·es : Loriane Hochet, Marianna Colella et Niels Weber !
Pour retrouver un équilibre :
- mindsUP : une application créée par minds pour prendre soin de sa santé mentale au quotidien
- Icare : Réseau Social Addiction, pour mieux gérer son temps sur les réseaux en supprimant les distractions : scroll infini, algorithmes, etc.
- Beeper : permet de regrouper toutes les messageries dans une seule app
Espaces d’écoute/conseils/aide pour les parents
- Citécrans : espace de conseils dédié aux parents d’enfants de 0 à 12 ans pour parler des écrans
- Digiharmo : plateforme pour les parents et professionnel·les sur l’encadrement des écrans
- Pro Juventute : recommandations et ateliers en ligne
- Jeunes et médias : informations, conseils et cadre légal
- Action Innocence : conseils et ressources pour les parents
Espaces d’écoute/conseils/aide pour les jeunes
- Aide et ressources 16-25 ans de Santépsy
- Pro Juventute - écoute et conseils pour les jeunes et leurs parents
- ciao.ch : un espace pour poser ses questions et échanger anonymement avec d’autres jeunes et des professionnel·les, pour les jeunes de 11 à 20 ans
- ontecoute.ch : une plateforme pour poser ses questions et échanger anonymement avec d’autres jeunes et des professionnel·les, pour les jeunes de 18 à 25 ans
- 147 : ligne d’appel pour les jeunes
- Ligne ados Malatavie : écoute, accueil et orientation
- Informations et consultations psychologiques en soutien au réseau genevois pour les adolescent·exs et les jeunes adultes de 12 à 35 ans
- Association Trajectoires : pour trouver un·e psychologue selon ses besoins et ses moyens
- Psyfinder : pour trouver un·e psychologue à proximité de chez soi
Conseils pratiques pour une utilisation saine des réseaux sociaux :
- Article minds : Comment tisser sa toile et préserver sa santé mentale ?
- Jeunes et médias : Conseils pour une utilisation critique des réseaux sociaux
- Section “Réseaux sociaux” de la plateforme d’éducation de la RTS
- Action Innocence : Conseils pour encadrer l’usage des réseaux sociaux de son enfant
- Page Instagram SMART numerik en famille : conseils et ressources pour encadrer les écrans en famille
- Fondation images et société : apprendre à décoder les images pour mieux comprendre les messages médiatiques et favoriser la confiance en soi
- Podcast RadioFrance : La jeunesse se méfie des réseaux et reste fidèle aux médias traditionnels
- RTS : Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une fausse bonne idée ?
- Arnaud Gouillart : une nouvelle étude majeure remet en cause l’idée que le numérique détériore la santé mentale
- Episode “Défis numériques” du podcast “Aidons-nous à aider”
- Section “Réseaux sociaux” de la plateforme d’éducation de la RTS
- Podcast Toi Aussi : sur la santé mentale des jeunes, par des jeunes
- Podcast La solitude des jeunes… Faut en parler ! en partenariat avec Stop Suicide
- Interview vidéo : Salomé Saqué : Sois jeune et tais-toi
- Podcast RadioFrance : Le péril jeune, de l’Antiquité à nos jours
- Pro Juventute. (2024). Première « Etude Jeunesse » de Pro Juventute : comment se portent les adolescents et les jeunes adultes en Suisse ? https://www.projuventute.ch/fr/parents/developpement-et-sante/premiere-etude-jeunesse-de-pro-juventute
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